Parce qu’il ne reviendra pas

Enfamille-85

Copyright : Eugenie Hennebicq

Bientôt deux ans que je suis séparée, deux ans que nous vivons toutes les trois, deux ans que je les « partage » avec leur père. Malgré la douleur, la vie a repris son rythme, nous avons recréé notre cocon et notre nouveau quotidien sans lui.

Et puis, « celui qui me rend heureuse » est arrivé dans ma vie. Au début il n’était pas question de le présenter aux filles tant que je n’étais pas sûre de moi. Au bout de quelque temps, je les ai informé que j’avais rencontré un homme qui me rendait heureuse mais que pour le moment nous partagions des moments tous les deux et que je leur présenterai quand je me sentirai prête. Après 4 mois, la Sauterelle me posait beaucoup de questions sur la personne qui me laissait des post-it cœur sur mon bureau, nous avons donc décidé de franchir le pas.

La rencontre s’est très bien passée. Nous avons peu à peu partagé de plus en plus de moments ensemble jusqu’à partager un « petit quotidien » même si ça ne l’est pas. « Celui qui me rend heureuse » a passé trois jours de vacances avec nous cet été et nous avions hâte de nous retrouver à la rentrée réunis.

Malgré tout cela, malgré la complicité qu’elles ont pu créer avec « celui qui me rend heureuse », Zébulonne m’a demandé un soir quand est-ce que papa revenait.

J’avoue que je n’ai pas trop su quoi dire à part, « jamais ma chérie ». Comment briser le rêve d’une petite fille de 5 ans en 30 secondes.

Chaque enfant et chaque adulte de parents divorcés rêvent de retrouvailles et d’être à nouveau réunis en famille. Un jour, La Sauterelle m’a justement dit que je ne pouvais pas savoir ce qu’elle pouvait ressentir, que moi j’avais de la chance car mes parents étaient encore ensemble. Elle avait tellement raison ! Nous avons explosé impunément leur rêve de famille unie, nous avons détruit leur équilibre et leurs repères.

Non je ne sais pas ce que c’est d’avoir des parents divorcés ma chérie… Mais je sais la peine que c’est de voir se briser le doux rêve de mes filles.

37

37ans

Aujourd’hui c’est mon anniversaire et c’est toujours une journée un peu bilan. Je me retourne pour regarder le chemin parcouru et mon évolution durant cette année.

Une année de changement où j’ai enfin décidé de tirer définitivement un trait sur le passé et ne plus me faire du mal. J’ai aussi tiré un trait sur certaines amitiés qui finalement après mure réflexion n’étaient que malintentionnées.

Et je me suis ouverte au bonheur. Ou plutôt c’est le bonheur qui est venu me chercher alors que je ne l’attendait pas. Mon bonheur fait 1m84, est brun avec les yeux verts et il a des bras immenses pour me protéger. Le bonheur m’a épaulé quand j’ai décidé de changer de travail, m’a écouté et rassuré quand je doutais. Le bonheur fait aussi le bonheur de mes filles qui retrouvent enfin une maman heureuse et souriante.

Je me retourne et je me rends compte qu’à 37 ans tout est possible ! Changer de travail, s’assumer, trouver l’amour… What else ?

Ce corps qui est le mien

©Jack_trebor

©Jack_trebor

Le corps, vaste sujet si complexe ! Je vous rassure je pense être comme beaucoup d’entre vous à m’observer dans la glace, me trouver trop flasque, trop molle, pas assez musclée… et porter un regard dure sur moi. Et ce depuis de nombreuses années.

Mon enfance et mon adolescence bien rondes ont laissé des traces ! J’étais la copine « enrobée » avec qui on joue mais qu’on n’invite pas aux anniversaires … La copine marrante qui fait rire tout le monde ! Il fallait bien trouver des subterfuges pour plaire. Je vous passe aussi la période où j’ai travaillé au MacDo et où j’ai pris 10 bons kilos en 6 mois !! ( non non on ne vous fait pas manger du gras, « Venez comme vous êtes et vous repartirez fat ») Que dire … J’ai jamais été à l’aise avec ce corps que je cachais sans cesse, chemises amples et tee-shirt larges.

Et puis comme toutes les jeunes filles j’ai flirté avec des garçons et j’ai perdu quelques kilos. Pas assez pour me sentir bien mais assez pour plaire.

Le réel changement je l’ai connu après la naissance de ma fille. Je pense que j’ai lâché un peu la nourriture et me suis concentrée sur cette petite chose merveilleuse que j’avais fait ! Je n’ai même jamais été aussi mince. J’ai fait beaucoup de sport encouragée par des collègues sportives, j’ai aimé et apprécié ce changement. J’ai aimé me regarder dans la glace même si je n’étais toujours pas satisfaite, me trouvant encore un peu « grosse » (complètement faux) mais quand la tête veut pas … On ne peut rien y faire.
Puis j’ai été enceinte de Zébulonne et j’ai aussi vite repris la ligne… Depuis je maintiens mon poids mais je n’arrive pas à être en accord avec moi-même… Je fais attention à ne plus monter tous les jours sur cette salope de balance et essayer de m’écouter ! Manger bien (enfin essayer), faire du sport et surtout être heureuse !

Je ne sais pas si un jour j’arriverai à lâcher et m’aimer vraiment. En tout cas, à bientôt 40 ans je commence à m’apprécier (mieux vaut tard que jamais !).

Et vous ? Comment vous vous trouvez ?

Sans elles

 

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J’ai serré leurs petits doigts, j’ai senti le creux de leur coup, j’ai embrassé leurs petites joues et je les ai laissé partir.

J’ai regardé la voiture s’éloigner et quand je ne l’ai plus vu, j’ai pleuré.

Je pense que je ne m’y habituerai jamais. Quand mes filles partent pendant les vacances avec leur père, j’ai l’impression qu’on m’enlève une partie de moi que je ne suis plus entière. Il manque quelque chose à mon équilibre.

Je sais que deux semaines ça passe vite, je sais que cette période sans elles va me permettre de me reposer et de retourner au travail en forme. Mais c’est toujours la même chose…. On le sait mais ça fait mal.

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