En apnée

© 2007 CC BY / Jean-Marc Kuffer

© 2007 CC BY / Jean-Marc Kuffer

Un truc cloche, un truc ne va pas, c’est tout serré dans ma poitrine… longue inspiration… je respire !

Les mains dans ma vaisselle, ce soir,  je me suis rendue compte que j’étais littéralement en apnée. Absorbée par des pensées douloureuses, j’avais carrément arrêté de respirer.

Tel un apnéiste, j’ai retenu mon souffle pendant de longues secondes. Comme si le fait de ne plus respirer amenuisait ma peine.
Tel un enfant qui fait un caprice, j’ai retenu mon souffle de colère pour ne pas pleurer.
Telle une personne qui fait une grosse chute, mon souffle a été coupé par la douleur.

Inconsciemment, je me suis mise en pause.

Je suis une éponge

Je suis une hypersensible, une emphatique, une vraie éponge…

En ce moment mon mari est malheureux, il me parle constamment de son boulot ou plutôt des problèmes au boulot. La crise financière, ses clients qui tirent les prix au plus bas, ses clients qui ne le payent pas… Il angoisse pour le futur, il angoisse pour nos enfants, il angoisse pour nous, pour tout !

C’est assez cyclique chez lui ce comportement, j’arrive d’habitude à le raisonner et le rassurer mais aujourd’hui je suis une éponge. Je n’arrive pas à passer au dessus, ses propos m’angoissent, me font paniquer.

De mon côté j’essaye de laisser mes problèmes pro’ sur le paillasson et de profiter au maximum des mes filles.
Il a du mal à comprendre que je sois gaie alors que pour lui tout est grave, il a du mal à comprendre que je fasse hurler de rire mes filles quand lui a envie de pleurer, il a du mal à comprendre…
Je veux que mes filles ne se rendent pas compte du stress de leur père, je veux qu’elles grandissent sans avoir peur, je veux qu’elles aient des rêves, je veux les protéger.

Je vois tout en noir ! J’allume la télé, je n’entends que meurtre, crise, guerre, viol… Je regarde des jeunes par la fenêtre de ma voiture et j’entends des insultes fuser, je vois des gens malheureux au travail autour de moi… je suis une éponge, ça me pèse…

A quand la pilule du bonheur ?

le deuxième c’est pas pareil

Ma grand-mère dit : « Avec le premier enfant, on brode ; avec le second, on coud ; avec le troisième, on surfile. »

C’est tellement vrai. Je ne parle pas de l’amour que l’on porte à ses enfants mais la façon d’être parents. Avec La Sauterelle, je me rappelle la sortie de la maternité en mode panique. Je calculais ce qu’elle mangeait au gramme près, je comptais les cacas, les pipis, je me torturais l’esprit quand elle pleurait… Bref j’étais MEGA SUPER angoissée.

Avec Zébulonne s’est complètement différent. J’ai vécu un super accouchement sans stress, je l’ai laissé prendre son rythme, je n’ai pas imposé de règle (tétées ou biberons) j’ai laissé pleurer (dans mes bras). J’ai l’impression d’avoir acquis une grande confiance en moi et surtout de la sérénité.
Et je remarque que mon comportement a un impact sur ma Zébulonne qui est beaucoup plus cool que La Sauterelle. Elle est patiente, calme !

Je trouve que l’on ne nous prépare pas assez avant d’avoir notre premier enfant. Quand ce petit être débarque dans notre vie on est carrément à mille lieues de se douter de ce qui va nous arriver en sortant de la maternité.

Bref tout ça pour dire qu’avec le « deuze » c’est quand même le pied, on profite pleinement de son petit bébé sans se prendre la tête à savoir si il a fait caca ou si on lui essuie les yeux avec du sérum phy ou de l’eau…